Communauté de communes du Canton d'Oulchy-le-Château
  
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DROIZY
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Population : 81
Maire : Paul GIROD
Horaires de permanences de la Mairie : lundi et vendredi 14h30-17h
Tel de la Mairie : 03 23 55 35 27
mel : mairie.droizy@wanadoo.fr
Nom de la secrétaire : Mme Collin


Historique de la Commune :
Village de l'ancien Valois situé à la lisière d'un plateau élevé à 40 kilomètres au sud de Laon et 15 kilomètres de Soissons.
On prétend que le village tire son nom d'un collège de Druide qui y aurait existé au temps des Gaulois.
Ce lieu est celui où la reine Frénégonde remporta en l'année 593 une victoire signalée sur Childebert, roi d'Austrasie. L'emplacement du camp de Childebert est celui des retranchements qui s'étendent au Sud de Muret, et les sépultures d'Arcy Sainte Restitute paraissent être celles des guerriers tués dans cette bataille où périrent 30 000 hommes.

Association du donjon de Droizy

Le donjon de Droizy
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On ne sait rien des tous premiers seigneurs de Droizy. Les anciens textes mentionnent seulement deux Robert de Droizy, l'un vivant en 1138, l'autre en 1206 sans que l'on connaisse leur importance. A la fin du XIIIe siècle réapparaissent dans l'histoire les seigneurs de Droizy.

Bernard ANCIEN, historien soissonnais en a retracé la généalogie, que l'on peut résumer ainsi : « Le premier seigneur connu est Frère Jean de Villesavoye qui vit dans la seconde moitié du XIIIe siècle. Il est cadet de la branche de Villesavoye, cadette elle-même de la branche du seigneur de Bazoches, issue de la fière famille des Châtillon sur Marne. C'est une famille des plus illustres au moyen âge et qui s'élève jusqu'à la tiare donc à deux pas de la royauté. On pense qu'on l'appelait Frère à cause d'une confraternité de chevalerie. Il brise son blason en restreignant à trois le nombre de merlettes dans l'or du chef. Il sert Philippe le Bel dans la campagne d'Aragon et son courage reçoit récompense du roi en 1288. Il meurt en l'an 1300.

Son fils, Frère Jean lui succède. Il est connu grâce à un acte de 1318 qui dote la chapelle qu'il avait fondée en son château de Droizy. Il a un fils, un troisième Jean, qui tient la dignité de prévôt de Laonnois. Il épouse une fille de la « bonne maison » du seigneur de La Bôve. Il est tué, comme tant de téméraires et héroïques chevaliers, à la bataille de Crécy, en 1346, aux côtés de Jean l'Aveugle, comte de Luxembourg, roi de Bohème. Le troisième Jean ne laisse que deux filles, Jeanne l'aînée, qui apporta Droizy à Aubert de Coucy, fils de Guillaume, Sire de Coucy. Ce rameau de l'illustre famille, greffé sur Droizy ne dura pas. La dame de Droizy n'eut malheureusement que deux filles. Aubert de Coucy pour y remédier aura de son côté un bâtard prénommé aussi Aubert qui meurt d'ailleurs sans postérité.

On est alors en pleine guerre de cent ans. Le pays est morcelé, pillé, détruit par les Anglais, par les Navarrais et même par les Français et leurs alliés. Si l'on peut trouver des documents décrivant le rôle que jouent les forts de Fère, de Nesles, de Saponay, d'Oulchy, rien de cette époque n'est connu sur le château fort de Droizy. Les textes font défaut. Les seigneurs légitimes sont devenus des chevaliers itinérants de grandes familles. En effet, après 1385, les trois époux de Marie de Coucy, dame de Droizy, sont dans l'ordre Gilles, seigneur de Mailly, puis Gaucher de Châtillon, seigneur de Buisson et pour finir Jean de Lisac, huissier d'armes du roi, tous hommes d'arme.

C'est à une fille de ce dernier, Jeanne de Lisac, que le château revient. Cette demoiselle épouse Henri David qui, seigneur de Longueval, l'est aussi de Chacrise et de belles terres en Flandres (Frize - Ghisen). Aux filles, la noblesse préfère les fils. Un sort funeste est réservé à la famille seigneuriale de Droizy. De génération en génération, à compter du XIVe siècle, seules des filles naissent. Henri David n'a que Marguerite pour héritière. Elle fait deux mariages d'importance qui transmettent la propriété de Longueval et de Droizy à d'autres familles. L'une est celle d'un guerrier, une fière épée, le valet de cour des jeux de cartes, La Hire.

Il se nomme Etienne de Vignole. Il est gascon. Il n'a pas été écrit que le château fort de Droizy, mais on sait qu'il guerroie souvent dans la région et que sa qualité de bailli de Vermandois l'investit sur ces terres de vastes pouvoirs. A son mariage avec la dame de Droizy, en 1436, David et Mathieu de Roye, cousins de la mariée, seigneurs de Muret sont témoins. Muret est à 1,8 km à vol d'oiseau de Droizy. Il est donc fort probable que La Hire séjourne souvent au château de son épouse.

La Hire meurt entre 1442 et 1443. Sa veuve se console dès 1444 avec Jean de Courtenay, seigneur Loire de Saint Brisson. Il appartient à une maison très importante qui, « de mâle en mâle » remonte à un des puînés de Louis VI le gros, qui est aussi de la famille de Godefroi de Bouillon dont les Courtenay portent les armes et pour finir, il est arrière-neveu du dernier empereur latin de Constantinople. Jean de Courtenay aime Droizy. Il agrandit le domaine par acquisitions. Le cartulaire de Saint des Vignes le mentionne à plusieurs reprises. Il compte parmi les bienfaiteurs de l'abbaye. En 1463, avec le consentement de sa femme, il donne à l'abbaye des maisons, jardins, terres, prés et bois, situés à Courdoux qu'il avait acquis à Charles Gouvrel. Courtenay meurt après 1472 sans postérité légitime.

La guerre de Cent ans vient de se terminer. Le conflit a brassé et renouvelé les familles féodales anciennes. Les châteaux, les manoirs ont fortement souffert . Certains sont des ruines. On sait, par exemple qu'en 1376 le château de Chacrise (L'avouerie) est « moult démoli », qu'il est « en masure » en 157. Près de là, le puits d'Ambrief et la commanderie du Mont de Soissons ne sont plus que des ruines. Il peut en être de même pour le château fort de Droizy qui ne conserve que sa tour.
Ces obscurités de temps malheureux gomment même les noms des familles qui possédaient alors la seigneurie. On est porté à croire que déjà le seigneur de Muret s'est approprié plusieurs villages. En 1598, les fiefs de Crouttes, Launoy, Droizy et le bois d'Hartennes sont cédés à la seigneurie de Muret et appartiennent ainsi aux hoirs (héritiers directs) du premier prince de Condé. Les certitudes s'effacent avec Louis Pottiers, en 1674, et Louis Regnault, en 1681, qui dans des actes de notaire prennent le titre de sieurs ou seigneurs de Droizy. Le premier n'est qu'un simple bourgeois de Soissons. Le second qui s'intitule "seigneur de Chacrise et sieur de Droizy" dut par la suite renoncer à sa qualité d'écuyer lors de l'enquête de noblesse de la fin du XVIle siècle. En fait, tous deux devaient être de simples seigneurs de fiefs secondaires.

On ignore donc à quelle date et dans quelles conditions le château de Droizy et la seigneurie sont acquis par les seigneurs de Muret. La fin du XVIe siècle semble la plus probable. Il n'y eut plus de seigneur résidant à Droizy à partir de cette époque. Aucune plaque tombale seigneuriale dans l'église n'a été découverte. La dernière campagne connue de travaux dans le château remonte au début du XVIe siècle. La propriété devient une exploitation agricole après les désastres provoqués par les guerres de religion et louée à des cultivateurs, dès le début du XVIle

L'histoire du château se confond alors avec celle de ses fermiers, et la lente destruction de l'ensemble architectural commence.


En 1755, un inventaire du Comté de Muret nous donne une description de la seigneurie de Droizy et de son château. En voici des extraits :

« La terre et seigneurie du village de Droizy ( ... ) mouvante et relevante de la dite terre et seigneurie dudit Comté de MURET en foy et hommage, consistant ladite terre noble, fief et seigneurie en droit de justice réunis par concession à celle dudit Comté de MURET droits honorifiques dans l'église dudit lieu ( ... ) droit de chasse à cors et à cris sur toute sorte d'animaux, de pêche de rivière, de gruerie, terrages, forages, banalités de four et moulin, métairie, dixmes, droit de confiscation ordinaire et accoutumé, nomination de personne publique telles qu'elles puissent être pour veiller à la garde et conservation des biens situés dans ladite terre noble fief et seigneurie et sur la conduite des vassaux pour empêcher les malversations qui pourraient se commettre, ( .) cens, surcens, amendes, rentes seigneuriales. (..).


Association Jean l'Aveugle - donjon de Droizy